Publié le vendredi 17 avril 2009

Réflexions du fauteuil : méfions-nous des pourcentages, ils sont souvent trompeurs

17 04 2009

Les médias utilisent souvent les pourcentages pour exprimer en peu de mots l'augmentation ou la diminution d'une statistique. Cela a souvent pour effet de tromper notre perception de la réalité en gonflant l'importance du phénomène dont il est question.

Par exemple, hier le journal La Presse a titré : « Offensive du privé pour recruter des médecins, le nombre de professionnels ayant délaissé le public a bondi de 60 % en deux ans ». Le choix des mots est important. On se dit que puisque le chiffre a bondi de 60 %, la situation doit être terrible et met en danger le système public. Or si on lit l'article, on apprend qu'il y a 16,000 médecins au Québec et que le nombre de ceux qui ont abandonné le système public depuis deux ans est passé de 113 à 179, de là l'augmentation de 60 %. Vous admettrez avec moi qu'on est loin de l'hécatombe que le titre laissait présager. D'ailleurs, 179 médecins sur 6,000, c'est 0,03 %. Si La Presse avait titré qui 0,03 % des médecins quittent le système public, je crois que la nouvelle aurait eu pas mal moins d'impact.

Le problème, c'est que souvent on ne lit que les titres des nouvelles et ils laissent une impression que peut-être trompeuse. Un autre exemple, la section santé du site Canoë souligne en gras que 90 % des personnes de 40 ans et plus sont infectés par le virus qui cause la mononucléose. Si on s'arrête à ça, on se dit que nous sommes à risque, 90 % c'est presque 100 %. Or, si on lit l'article, on apprend qu'il s'agit d'un virus latent qui est sans effet lorsqu'on est en bonne santé et qu'il est très rare que les personnes âgées en soient malades. Ça relativise les choses n'est-ce pas?

Les pourcentages sont utiles si on connaît les chiffres auxquels ils font référence ou la réalité qui se cache derrière. Sinon, veut mieux s'en méfier.

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